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Culture / Japon - Janvier 2024

Ozu, Bonjour (1959)

Résumé

Deux enfants qui veulent que leurs parents achètent la télévision font la grève de la parole.

Bonjour, Titre original : お早う (Ohayô), Scénario : OZU Yasujirô, NODA Kogo, Réalisateur : OZU Yasujirô, Production : Shochiku, Avec : SHIDARA Koji, SHIMAZU Masahiko, RYÛ Chishû, MIYAKE Kuniko.

Finalement, OZU est assez pince-sans-rire dans son genre. Bonjour commence par des enfants qui rentrent de l'école en se livrant à un concours de pets, au grand désespoir d'un d'entre eux qui n'y arrive pas et finit à tous les coups par devoir changer son caleçon.

Ils habitent dans une sorte de lotissement préfabriqué populaire imitant un style et une promiscuité villageoise plus traditionnelle. Cela entretient les ragots des commères locales, cette fois, à propos de soupçon de détournement de fonds par la présidente d'une association, qui vient justement de s'acheter une machine à laver. Autre illustration, chère à OZU, de la confrontation du Japon traditionnel à la modernité, tourné sur un mode qui rappelle un peu les films de Tati.

Dans ce cadre villageois reconstitué, les uns passent leur temps à rendre visite aux autres en portant des jugements sur tout le monde. Les enfants vont voir la télé chez le seul voisin qui en a une, mais leurs parents trouvent qu'ils oublient leurs devoirs. Ils suivent aussi des leçons d'anglais qu'un chômeur, vivant dans un immeuble moderne voisin, donne pour joindre les deux bouts en faisant quelques traductions que la sœur des gamins lui donne.

Privés de télé par leur mère, les deux gamins principaux de l'histoire font un caprice pour que leurs parents achètent une télé et quand leur père (joué encore par RYÛ Chishû) rentre, il les gronde en leur disant que les enfants doivent se taire. Le plus grand le prend au mot et convainc son petit frère de faire la grève de la parole, non seulement en famille, mais auprès des voisins et à l'école.

Cette initiative enfantine radicale perturbe toute la petite communauté des commères qui suspecte que la famille leur en veut. Les profs à l'école se demandent ce qui se passe et autres conséquences. Finalement, les deux gamins font une fugue et tout le monde s'inquiète.

Entre autres péripéties pittoresques, enfantines ou sentimentales, le scénario ne peut pas s'empêcher de rationaliser explicitement l'existence des formules de politesse pour fluidifier le lien social, qui ne fonctionnait pourtant pas si bien, comme on pouvait le voir. Ce n'était de toute façon pas réellement le problème au départ.

L'intérêt du film d'OZU est plutôt de mettre en lumière un monde parallèle de l'enfance, qui peut d'ailleurs risquer de tourner à la catastrophe à l'occasion, sur la base de malentendus ou d'absence de communication et de compréhension exacte de la situation. Il faut parfois se parler franchement, comme le dit la sœur du professeur d'anglais. Les banalités échangées peuvent tourner à l'incommunicabilité. Mais la vie continue.

Jacques Bolo

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