EXERGUE
Depuis 2005
Culture - Septembre 2023

It's Okay to Not Be Okay (série coréenne, 2020)

Résumé

Une autrice de BD pour enfants et un infirmier psychiatrique vivant avec son frère autiste se rencontrent et se confrontent sur fond dramatique, en forme de conte psychosociologique.

It's Okay to Not Be Okay, Titre Original : 사이코지만 괜찮아 (Saikojiman Gwaenchana, Psycho but It's Okay, ou The Boy Who Fed on Nightmares), Scénario : CHO Yong, Réalisateur : PARK Shin-woo, Production : Story TV, Avec : KIM Soo-hyun, SEO Ye-ji, OH Jeong-se, KANG Gi-dung, MOON Woo-jin, KIM Soo-in, LEE Gyu-seong, PARK Gyu-young, PARK Seo-kyung, KIM Chang-wan, KIM Mi-kyung, JANG Young-nam, BAE Hae-seon, KIM Joo-heon, PARK Jin-joo, JEONG Seung-gil

L'autrice de BD, KO Moon-young, écrit des histoires plutôt gore avec la personnalité gothique et caractérielle correspondante. L'intérêt de son personnage, malgré ses excès kitsch, est surtout de trancher assez heureusement avec la subordination relative des personnages féminins coréens. On peut imaginer que ça correspond aussi à la vision locale d'une femme occidentale libérée.

L'infirmier psychiatrique, MOON Gang-tae et son frère autiste MOON Sang-tae, changent de ville régulièrement pour fuir un passé qu'on découvrira lié à celui de KO Moon-young. C'est peut-être une faiblesse du scénario qui fait penser à la série française « Meurtre à... » qui se croit obligée de faire retrouver un ancien partenaire à l'enquêteur (sans parler des intrigues basées sur des légendes locales). N.B. Le titre devrait aussi être « not to be OK » plutôt que « to not », comme Hamlet pourrait le reprocher.

L'histoire est censée être un drama sentimental, mais révèle une histoire criminelle cachée dans le passé des héros, que les flash-back font découvrir petit à petit de façon plus justifiée que d'habitude. Les séries coréennes ont tendance à en abuser. On aurait peut-être pu se passer de l'intrigue criminelle et se contenter de la confrontation des personnalités. On imagine que ces digressions policières participent de la façon coréenne d'édulcorer la sexualité dans les séries supposées sentimentales, même si la pudibonderie habituelle est mise à mal par le côté déluré et provocant de l'autrice de BD, surtout verbalement.

Le principal intérêt de la série, comme son titre l'indique, est de traiter le sujet de la normalité à travers le professionnalisme zen de l'infirmier psychiatrique, lui-même perturbé par des cauchemars liés à son passé. Le second hôpital où il travaillera présente une galerie de personnages très riches et un directeur du lieu très habile. Après coup, on se dit que l'effet de ce drama est de subvertir l'exigence pathologique de normalité de la société coréenne. Le personnage même du frère du héros incarne finalement une société autiste qui proclame les normes auxquelles se plier pour communiquer, sans trop de résultats positifs. C'est un procédé narratif très subtil.

L'intrigue agréable est servie par des personnages secondaires solides. Mais la réalisation pèche un peu par des longueurs qui se veulent sans doute romantiques. Le principe même de la série (16 épisodes d'une heure) peut inciter à trop délayer, même si cela permet sans doute des variations plaisantes. On se dit qu'en faisant un peu plus court, ce qui éviterait reprises et flash-back, on aurait pu avoir une œuvre exceptionnelle.

Jacques Bolo

courrier Merci de signaler à l'auteur toute erreur que vous trouveriez sur cette page

courrier Recommander cette page à un ami
Voir aussi :
Soutenez
la revue Exergue
Tous les articles
Références
Critiques

IA
Méthodologie
Culture
Ecologie
Economie
Education
Ethnologie
Relativisme
Société
Europe
Turquie
Démocratie
Sciences
Histoire
Photos
Urbanisme
Sociologie
Reportages
Linguistique
Philosophie
Internet
Politique
Humour
Racismes
Femmes
Démographie
Conneries
Peurdesmots
Médias
Religion
Social
Sports
Carnet
Publicités Amazon
Bolo, Nathalie Heinich et le militantisme woke
Accueil Ball © 2005- Exergue - Paris Ball Légal Ball Ball Partenaires Ball Contacts