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Politique - Septembre 2018

Quelles régions administratives françaises ?

Résumé

Les nouvelles régions administratives françaises suscitent des réserves et risquent d'être contre-productives.

Outre les insatisfactions inévitables, dès l'origine, sur les différentes possibilités de regroupements, il faut bien reconnaître que les grandes régions décidées sous le mandat de François Hollande ont été une mauvaise idée. Un article du Monde du 15 septembre 2018 signale que « L'Alsace n'a toujours pas digéré son intégration dans le Grand Est », avec évidemment, comme toujours, des préoccupations électorales qui envisagent ici la probabilité d'une arrivée de l'extrême droite à la présidence régionale pour les élections de 2021. C'est le propre de tous les découpages électoraux de susciter ces calculs, mais c'est plutôt le pouvoir en place qui essaie d'en tirer profit d'habitude.

Il faut savoir que l'idée initiale de regroupement en grandes régions est fondée sur la rengaine de la prétendue bonne taille des landers allemands, qui avait cours depuis un demi-siècle (éventuellement dans la tradition du complexe envers l'Allemagne depuis la défaite de 1870). C'était justifié aussi par de possibles économies d'échelle. Outre l'île de France avec ses 12 millions d'habitants, on visait des ensembles de cinq ou six millions de personnes en général (quelques-unes à environ trois millions et une à huit millions).

L'anomalie se remarque quand on a décidé de maintenir quand même la Corse comme région de 330 000 habitants seulement, ainsi que les DOM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) avec chacun à peu près la même population que la Corse, sauf La Réunion (850 000 hab.). Concrètement, les comparaisons statistiques futures mettront donc en parallèle de simples départements avec des ensembles constitués de plusieurs (produisant une moyenne de situations très différentes).

Les économies possibles sont également plus que douteuses. Ça va bien sûr commencer par des dépenses supplémentaires pour les changements de noms et toute la documentation qui va avec. Les dénominations choisies ont d'ailleurs fait problème et le cas de l'Alsace montre que certains regroupements passent mal. Il semble d'ailleurs qu'on conserve quand même certains anciens coûteux sièges régionaux et leurs équipes comme décentralisation.

Mais surtout, la nouvelle centralisation va supposer des transports permanents pour les députés et leurs équipes. La région deviendra une structure beaucoup plus lointaine, alors qu'elles étaient destinées initialement au rapprochement des services publics des citoyens ou des professionnels. L'éloignement plus grand multipliera les remboursements d'hôtels ou de restaurants quand on pouvait précédemment rentrer chez soi le plus souvent. Des abus vont sans doute être commis sur les notes de frais.

En fait, la véritable économie aurait été de supprimer totalement les sièges régionaux et de constituer des antennes locales reliées par visioconférence. Cette virtualisation pourrait donc être étendue au niveau communal, sans parler de l'accès direct par Internet. Comme pour les impôts prélevés à la source, on peut penser qu'il s'agit de la réalisation trop tardive d'une vieille idée rendue complètement obsolète par la technologie actuelle.

Jacques Bolo

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