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Conneries / Politique - Mai 2017

Vote sanction contre les insoumis

Résumé

Les partisans de Mélenchon risquent de perdre gros en refusant les alliances.

Article remanié d'un billet paru initialement le 3 mai 2017 sur mon ancien blog de Médiapart.

Non, mais franchement... Les insoumis abstentionnistes, partisans de Jean-Louis Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle ne veulent faire barrage à Le Pen en votant Macron. Ils rêvent s'ils croient qu'ils vont pouvoir préparer le troisième tour (qui n'existe pas) en ne permettant pas de gagner le second tour !

C'est une mauvaise habitude de la gauche de prétendre à l'hégémonie dès qu'elle est majoritaire (= bolchevique en russe). C'est d'ailleurs ce qui s'était passé de la part du PS contre eux, ce qui avait provoqué précisément le départ de Mélenchon. Cette majorité à laquelle ils prétendent n'existe d'ailleurs évidemment pas, surtout si on compte le pourcentage des exprimés, comme certains veulent qu'on le fasse. J'ai eu l'occasion de répéter plusieurs fois que si la vraie gauche se réduit aux « insoumis », elle est donc très minoritaire. Si on retranche le vote utile qui s'est porté sur Mélenchon quand Hamon est passé second, cela ne doit pas faire plus de 15 % des votants, c'est-à-dire 10 % des inscrits. L'idée de prendre le pouvoir (« par des moyens légaux » comme dit le poète) devient très théorique, pour ne pas dire fantasmatique.

En se limitant au parlementarisme (bourgeois), préparer un troisième tour des législatives devrait inciter les insoumis abstentionnistes à s'interroger sur la possibilité de réunir les suffrages de ceux qui refusent l'abstentionnisme. Le truc lepéniste devenu la norme est de se victimiser contre l'arrogance des élites, parce qu'ils n'acceptent pas les critiques contre l'abstention. Pauvres chéris ! En militant ensemble pour Mélenchon, ils côtoyaient donc certaines de ces élites qui veulent voter Macron et qui désapprouvent ceux qui s'abstiennent ! Et maintenant, ils croient peut-être qu'on va les plaindre parce qu'ils se drapent dans des arguments qu'on estime stupides, quand ils ne sont évidemment pas téléguidés par les trolls qui pullulent sur Internet. Bref, le gauchisme nous refait le coup de ce que j'avais déjà commenté dans « Mélenchon joue au con (ça rime) ».

Oh, les mecs, on parle de politique, là ! Tu votes pas avec nous, on vote pas avec toi, banane ! Tu vas pas nous la faire au sentiment en nous traitant de tous les noms, et en reprochant en plus « de vouloir ton vote en te traitant de tous les noms » (autre technique d'inversion lepéniste). Ça marche pas ça ! C'est donnant-donnant. La politique c'est des coalitions de gens qui ne sont pas d'accord. Vous croyez d'ailleurs que vous êtes vraiment d'accord entre abstentionnistes, alors que vous avez justement un exemple d'un désaccord sur ce sujet avec les anciens partisans de Mélenchon qui sont contre l'abstention ? C'est cet exemple empirique qu'il faut analyser et comprendre. On ne peut pas faire les choses à moitié. Dans le temps, on appelait ça la dialectique. Mais c'est vrai que la dogmatique refuse l'empirique (vieux reste idéaliste dans le matérialisme pas si dialectique).

Bref, le choix actuel était effectivement le front républicain. Avec le FN qui monte, d'ailleurs sur des stratégies ou des arguments pourris qui s'apparentent aux anciens coups tordus habituels entre politiciens (qui se sont démocratisés aux électeurs), on ne se fait plus élire qu'en se réunissant contre lui. C'est vrai pour les présidentielles, mais c'est vrai aussi pour les législatives. Si vous croyez pouvoir gagner un troisième tour en écrasant vos adversaires par l'abstention au second tour des présidentielles, ils voteront contre vous ou s'abstiendront aux législatives.

C'est comme ça et pas autrement !

* * *

Notons que j'avais déjà prévu le coup en janvier 2011, à propos de la campagne présidentielle précédente, dans « Mélenchon présidentiable » à propos de son opposition avec Hollande : « S'il arrive second de l'opposition, ses électeurs ne se résoudront pas à voter "social-traître", s'il arrive premier, les autres lui en voudront trop et risquent de s'abstenir. »

Jacques Bolo

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