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Europe - Mai 2014

L'Europe, c'est la guerre !

Résumé

Avec la crise en Ukraine, il faudrait peut-être arrêter de répéter rituellement que "l'Europe c'est la paix".

L'affaire ukrainienne démontre que l'argument selon lequel l'Union européenne protégerait de la guerre est autant une illusion que le « plus jamais ça ! » de l'Entre-deux-guerres. La fameuse « réconciliation franco-allemande » était au mieux une simple réaction émotive, comme dans le premier cas. L'Union européenne s'est constamment réalisée à reculons.

L'Europe n'a d'ailleurs jamais été en paix. La Guerre froide a commencé immédiatement après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi les répressions ou guerres coloniales françaises (Vietnam, Algérie, Madagascar), portugaises (Angola, Mozambique), voire israélienne (Affaire de Suez en 1956) pour l'Ouest, ou les remises au pas en Hongrie (1956), Pologne (1956, 1981), Tchécoslovaquie (1968) pour l'Est, jusqu'à l'effondrement du communisme en 1989.

Répéter que « L'Europe, c'est la paix » relève d'une rengaine de politiciens sans imagination (tant que ça marche, pourquoi se gêner ?). Ça consiste à se dire que les guerres présentes n'en sont pas vraiment, uniquement pour maintenir la légende. Les mauvaises analyses s'installent dans la durée et sélectionnent les champions de la langue de bois et les imbéciles qui les croient.

Finalement, on a bien été obligé de reconnaître que le roi était nu. La vraie guerre de Yougoslavie a clôturé le tout en 1991-2001. Comme je l'avais remarqué, la raison principale du conflit venait de la réticence à l'intégrer d'office dans l'Union européenne, alors que ce pays, déjà distant de Moscou, avait été le plus ouvert du bloc de l'Est. À la suite de cette erreur, pour se rattraper, on a intégré trop rapidement les autres (Pays baltes, Pologne, Roumanie, Bulgarie). La Tchécoslovaquie et la Hongrie auraient pu être admises progressivement à mesure de la désagrégation du bloc soviétique.

Une des raisons de la non-intégration rapide de la Yougoslavie était précisément la persistance symbolique du rideau de fer. Il est vrai qu'au début, on ne croyait pas vraiment à la chute de l'URSS. Mais aujourd'hui, il faudrait bien admettre que la réalité de la Russie est différente et mettre à jour les théories.

Hélas, la crise d'Ukraine peut aussi se lire comme une continuation de la Guerre froide en voulant marquer des points contre la Russie, du fait des mauvaises habitudes (services secrets, rivalité avec l'Occident et rancunes des pays de l'Est). Le problème étant qu'il ne s'agit plus d'affrontements idéologiques, mais plutôt de nationalismes. Ce qui renvoie au contexte de la Première Guerre mondiale.

La version optimiste pourrait y voir la continuation de l'extension de l'Union européenne à marche forcée. Mais dans ce cas, la Russie a évidemment vocation à y adhérer. Elle serait même fondée à devancer l'Ukraine sur les critères économiques qui étaient ceux de l'Union avant que ne s'y mêlent des critères politiques ou culturels.

Il en est déjà de même de la Turquie qui fait antichambre depuis trente ans aux portes de l'Union. Elle appartient déjà à une OTAN, pourtant inutile, servant précisément à contenir l'ancienne URSS. Dans ce cas aussi les critères devraient être clairs et rationnels et ne plus reposer sur de mauvaises excuses.

La politique politicienne, c'est la drôle de guerre.

Jacques Bolo

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