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Éducation / Société - Décembre 2013

Apothéose de l'imposture académique française

Résumé

Un échange sur Médiapart avec Jean-Philippe Cazier montre l'incapacité totale de tout débat chez certains intellectuels français qui ne comprennent pas qu'ils ne détiennent pas le monopole du savoir. On imagine le niveau des étudiants ainsi formés.

Puisqu'on parle de la question juive/israélienne, à l'occasion de la nouvelle affaire Dieudonné, voici un intéressant échange qui montre que la confusion est omniprésente sur ces sujets. Ce qui explique, indirectement, la manifestation de symptômes comme Dieudonné. Ces questions ne sont pas réglées pour les contemporains. Il n'y a pas deux mondes, celui de la vérité (ou du bien) et celui des mauvaises intentions. Cette illusion relève précisément de la théorie du complot. Il y a des problèmes que les gens se posent et auxquels ils sont incapables d'apporter des bonnes réponses.

J'ai repris, pour mémoire et étude empirique, les commentaires d'un billet de Jean-Philippe Cazier sur Médiapart, « Judith Butler : judéité et sionisme », qui traitait du livre Vers la cohabitation : Judéité et critique du sionisme. Le lien avec l'affaire Dieudonné est évident dans la mesure où Butler appartient à la tendance critique d'Israël de la communauté juive, et on sait que ça correspond justement à la double question de l'antisémitisme/antisionisme, tant de la part des non-juifs que des juifs considérés comme des traîtres, comme je le mentionnais dans mon article de ce mois-ci sur Dieudonné.

Je suis intervenu dans cet échange pour contester la validité du fait de parler d'une pensée juive, quand il n'est pas question de religion, et ça n'a pas plu du tout à Cazier, qui a traité mes commentaires par un mépris total que je considère comme un autre symptôme du problème, spécialement quand il atteint des proportions aussi démesurées.

Il répondait d'abord à la question de la définition de « juif » posée par quelqu'un d'autre :

28/12/2013, 01:07 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de irinasara6 le 28/12/2013 à 00:56

Il me semble pourtant que c'est très clair dans l'article : juif = fait partie de la communauté juive, cad se rattache à l'histoire et à la culture juive et se pense lui-même à partir de ce rapport (c'est la même définition que dans le dico mais apparemment le dico vous trouble) ; et pour antisémite la définition courante va très bien aussi (la prochaine fois, il faudra que je pense à mettre un lexique à la fin de l'article, et aussi un lexique pour définir les termes du lexique et...)

On remarque que Jean-Philippe Cazier est déjà méprisant

28/12/2013, 08:54 | Par irinasara6 en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 28/12/2013 à 01:07

Vous savez très bien que l'histoire juive est très controversée, qu'il y a des différences très significatives entre ce qui est écrit dans la Torah et la réalité historique, que la culture juive comprend de multiples dimensions contradictoires les unes avec les autres, etc... Est-ce qu'une personne qui critique le judaïsme parce qu'elle considère, après avoir lu les textes religieux, qu'il s'agit d'une religion raciste, est antisémite ? Est-ce qu'une personne juive qui considère qu'il n'y a pas de peuple élu est antisémite ? Est-ce que les colons qui se réfèrent à leur Dieu pour spolier les Palestiniens sont racistes ?

Les termes juif et antisémite n'ont de sens que si ce qu'ils recouvrent précisément est défini. En ce qui concerne le terme antisémite, le fait même qu'il soit employé couramment dans le sens d'antijuif entre en contradiction avec la définition du terme "sémite" et son utilisation permet en général d'esquiver les questions de fond.

Je vous approuve lorsque vous dites que les mots ont un sens. Le problème apparaît quand ils en ont plusieurs. Il y a toujours des raisons lorsque les définitions ne sont pas claires.


28/12/2013, 10:21 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de irinasara6 le 28/12/2013 à 08:54

Vous confondez « se rattacher à » et « juger de la vérité de »

On verra que cette stratégie lui sert à ne pas répondre, et à ne pas comprendre les questions qui se posent (et non qu'on lui pose). C'est là que j'interviens, en développant un commentaire précédent.

28/12/2013, 12:25 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 28/12/2013 à 10:21

Je crois plutôt que le pb n'est pas qui fait partie de la communauté juive, ce dont tout le monde se fout, mais, comme je l'ai dit plus haut, en quoi ceux qui en font partie auraient une « pensée juive », quand il ne s'agit pas de religion.

Soyons clair : on joue sur une ambiguïté qui relève explicitement de l'idée romantique dans sa composante pré-nazie (Nietzsche/Scheler/Heidegger) en prétendant la combattre. La confusion règne. Ce qui est normal d'ailleurs pour la nuit romantique où toutes les vaches sont noires.

Il faudrait sortir une bonne fois pour toutes de cet archaïsme. Mais je pense que cela correspond aussi à des limites cognitives de certains (ou au moins des limites de certaines références qu'ils utilisent).

Réflexion faite, il est possible de Cazier ait pris la mouche parce qu'il se sentait visé, alors que je parlais spécifiquement de l'erreur nazie, que je considère, comme je l'ai dit au début, comme une incapacité à résoudre les questions identitaires au début du XXe siècle. Mais on constate aussi que c'est encore le cas au début du XXIe. Et aussi : qui se sent morveux se mouche !

28/12/2013, 12:43 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 28/12/2013 à 12:25

Être juif ne renvoie pas qu'à la religion (des juifs athées ça existe) mais aussi à l'histoire et c'est ce rapport à l'histoire qui permet à tel ou tel de se penser comme juif (l'article, accessoirement, souligne ce point, mais bon, il faut lire...), et se référer à cette histoire pour penser permet effectivement de développer un point de vue juif (la question des points de vue en histoire est développée depuis déjà longtemps par exemple par les racial studies, ou certaines historiennes comme par exemple Joan W. Scott - cf. par exemple son livre Théorie critique de l'histoire) ; rien à voir avec le romantisme ou je ne sais quoi ni d'un quelconque archaïsme ; là encore (mais je crois que je vais arrêter de le dire puisque ça ne sert à rien manifestement) au lieu de se précipiter pour dire « c'est vrai » ou « c'est faux » (sans d'ailleurs forcément comprendre ce qu'a dit l'auteur - hein, les fameuses limites cognitives ou des références, n'est-ce pas ?), il serait plus intéressant de commencer à réfléchir un peu à ce qu''il peut y avoir de neuf ou de fécond dans telle ou telle thèse, mais c'est plus difficile et ça demande un peu de travail, c'est sûr...

J'ai souligné les attaques personnelles méprisantes. Cazier considère que je ne lis pas et ne comprend pas ce que dit Butler, sans doute parce qu'il ne comprend pas, lui, ce que je veux dire. La raison me semble être qu'il ne se situe pas dans l'expérience historique (ce qui a eu lieu) à laquelle il prétend se référer. Il considère peut-être que toutes ces questions se posent dans l'absolu ou seulement dans les travaux critiques postérieurs. Mauvaise méthode de la philosophie.

28/12/2013, 13:01 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 28/12/2013 à 12:43

« être juif ne renvoie pas qu'à la religion (des juifs athées ça existe) mais aussi à l'histoire... »

C'est pour ça que j'ai bien dit que le pb est la pensée juive. Mais je vois que ça vous dépasse.

Quant à l'existence de cette « pensée juive », dire que ça n'a rien à voir avec le romantisme est carrément du négationnisme. Concrètement, en quoi quelqu'un de non-juif ne pourrait pas avoir la même idée. La pensée pathologique nazie est vraiment la norme, bordel de merde!!!

PS. Pour mon travail, voir : Exergue. Plus qu'un peu!!!

Le point important est bien que quelqu'un qui appartient à la communauté juive (religieux ou non d'ailleurs) et qui réfléchit à des questions non religieuses, ne peut pas être dit produire une « pensée juive » du seul fait qu'il est juif. C'est la question de la psychanalyse comme « science juive » qui est bien une idée nazie. On peut admettre une influence de la tradition religieuse juive, si on ne la rejette pas comme juive (comme le feraient les nazis), mais la question se pose du romantisme qui identifie une pensée à une communauté. Ce n'est pas aberrant de poser la question.

Je considère que l'erreur est de partir de l'idée d'une genèse collective et traditionnelle au lieu de celle d'une création individuelle autonome. Dans mon livre sur Finkielkraut, c'est ce que je considère comme le problème romantique, et je dis que les nazis sont historiquement ceux qui échouent à penser cette solution (aujourd'hui encore, l'individualisme a mauvaise presse, à gauche surtout).

28/12/2013, 14:00 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 28/12/2013 à 13:01

Bon d'une part vous ne lisez pas (ou ne citez pas) l'intégralité de mes réponses, d'autre part vous racontez n'importe quoi avec un ton bien supérieur : vous ne comprenez pas ce que Butler entend par identité (et dans la foulée donc vous n'avez pas lu l'article, ou pourtant je souligne ce point, mais y avez posé votre grille de lecture a priori - narcissisme quand tu nous tiens...) et apparemment ne connaissez pas son travail sur ce point - parler sans savoir, comment ça s'appelle déjà ? : je parle de critique d'un point de vue juif pas de pensée juive (c'est vous qui employez cette expression), et en confondant les deux vous montrez que ce qui vous dépasse ce sont les réflexions actuelles sur cette question du point de vue et des perspectives situées (cf. la référence à J.W.Scott), autant que la réflexion sur l'identité qui traverse de manière insistante la philosophie depuis au moins 50 ans, ou encore cette même thématique dans l'anthropologie (cf. Lévi-Strauss, pour citer le plus connu), ou encore la sociologie relationnelle, ou... ; vous avez fait votre pub, je suppose que c'est ce qui importait ; et merci de ne pas m'assimiler aux nazis.

Outre le fait que l'intérêt d'Internet est précisément de permettre de faire des liens, il est amusant que Cazier considère que je parle avec un ton supérieur. Il considère toujours que je ne lis pas. Sans doute sa conception de la lecture consiste dans la conversion religieuse à ce qu'on lit. Il faut remarquer que je ne parlais pas spécifiquement du travail de Butler, mais du compte rendu qu'il en a fait. Il est donc possible qu'il ait mal rendu toutes les nuances de ce que disait Butler. Mais je pense que subsiste le problème spécifique de la judéité de la pensée (dans l'article « pour les Juifs en tant que Juifs », « ce projet d'un point de vue non pas extérieur mais juif », « une pensée critique juive du sionisme », « la judéité et les conditions de l'identité juive », etc.).

28/12/2013, 14:21 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 28/12/2013 à 14:00

Et vous, vous avez vu comment vous parlez aux gens (pas seulement à moi). Vous n'êtes pas mon professeur, et votre conception du professorat pue.

En particulier, arrêtez de dire que je ne lis pas et que je ne travaille pas. C'est la raison pour laquelle j'ai fait ma pub : ce qui s'appelle une démonstration quand on sait raisonner. Vous dites que je ne travaille pas, je vous renvoie à mon travail. Je comprends que ça vous contrarie, mais vos trucs minables de débatteur de mauvaise foi ne marchent pas avec moi.

Effectivement, j'identifie « critique d'un point de vue juif » et « pensée juive ». C'est ma position personnelle assumée. Je ne suis pas obligé d'adopter la vôtre sur ce point. Cela ne signifie pas que je ne lis pas. Ca signifie que je ne suis pas d'accord avec le fait qu'il existe une différence. Et je dis que cette position est bien issue de la philosophie romantique dans ses différentes variantes, qui peuvent bien se livrer à ce genre de distinguos, mais je les récuse.

Disons que la question de l'identité conduit à des dérives chez ceux qui ne savent pas la maîtriser, et qui tendent à essentialiser, parce que c'est la pratique philosophique. C'est précisément aussi l'expérience historique que j'évoque.

Or, il se trouve que je TRAVAILLE précisément beaucoup sur le sujet. Entre autres :

Max Scheler : L'homme du ressentiment (1919)
Le néo-maurrassisme actuel comme incompétence
Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation (1882)
Finkielkraut et son « Fascisme français »

Ou tout simplement mon livre :

La Pensée Finkielkraut (les émeutes, l'école, l'antisémitisme, le racisme) et sa réplique !

Vous comprendrez que je n'aime vraiment pas qu'on se permette de nier l'existence même (habitue nazie sans doute) de mon travail. Alors qu'on ne l'a évidemment pas lu, au nom d'un principe d'autorité merdique d'ailleurs. Butler écrit des trucs, et bien moi aussi !

Et l'autorité sur le sujet, c'est moi.

Ici, avec : « la question de l'identité conduit à des dérives chez ceux qui ne savent pas la maîtriser, et qui tendent à essentialiser », je ne parlais pas de Cazier (quoique cela semble bien lui correspondre) ou de Butler, mais de l'expérience historique avérée. Il n'a pas saisi la perche pour sortir du narcissisme dont il m'accuse.

28/12/2013, 20:27 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 28/12/2013 à 14:21

Quand on sait raisonner, on n'appelle pas une liste de publications une démonstration (un fait ne démontre rien, c'est le b, a, ba...) ; ce que montre votre liste c'est que vous écrivez des choses, certes, mais ça ne veut pas dire que vous travaillez intellectuellement (= réfléchir) ; ce sur quoi j'ai d'autant plus de doute lorsque vous confondez l'identité en tant qu'essence et l'identité en tant qu'appartenance (là aussi c'est le b, a, ba...) et que vous ne voyez même pas où est le problème à persister dans cette confusion (ceci dit, si cette confusion est ce qui vous permet d'écrire votre prose, je comprends que ce soit difficile de la remettre en cause ; Freud a écrit des choses là dessus, l'idéal du Moi, tout ça...) ;

Butler au moins c'est quelqu'un qui bosse, et non qui se contente de quelques hurlements narcissiques, mégalos et haineux ; je ne sais pas si vos gesticulations impressionnent grand monde habituellement mais ce n'est pas du tout mon cas ; « l'autorité sur le sujet, c'est moi » - dans le périmètre de votre cuisine, peut-être...

Il est bien évident que « l'identité en tant qu'essence et l'identité en tant qu'appartenance » concerne les personnes, mais ne concernent pas la pensée (juive dans ce cas). Précisément, l'idée que toute pensée procède de l'appartenance signifie bien qu'il est question d'essence. C'est la pensée romantique völkisch (raciale) par excellence !

Sinon, c'est bizarre cette conception selon laquelle il n'y a que Butler qui bosse (et lui, je suppose). Je dois effectivement avouer que je ne la comprends pas.

28/12/2013, 20:49 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 28/12/2013 à 20:27

« quelqu'un ... qui se contente de quelques hurlements narcissiques, mégalos et haineux »

Chacun son truc en effet!!!

Le pb est que vous croyez que c'est vous qui définissez les choses, dont le travail intellectuel. Je suis content de ne pas travailler comme vous.


28/12/2013, 21:33 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 28/12/2013 à 20:49

Oui en effet, à elle le boulot et à vous les hurlements et gesticulations... ;

« Le pb est que vous croyez que c'est vous qui définissez les choses, dont le travail intellectuel. » - il me semblait qu'Aristote par exemple avait écrit deux trois trucs sur le sujet - mais j'imagine que là encore sur ce point l'autorité c'est vous... ;

C'est amusant cette façon de prétendre donner des leçons en permanence au lieu de discuter d'égal à égal. Et je ne veux pas dire de personnes de même niveau, mais simplement d'adultes qui discutent entre eux et non d'instituteur à enfant. Le biais classique étant que le maître est toujours satisfait que l'élève répète et n'aime pas qu'il ose contredire. En fait, Cazier ne conçoit même pas que ce soit possible.

29/12/2013, 02:01 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 28/12/2013 à 21:33

En fait, il se trouve que oui.

Votre problème, c'est que vous prétendez parler pour les autres en vous prévalant leur autorité (c'est le biais des profs de philo). Moi, je parle en mon seul nom. On ne boxe pas dans la même catégorie.


29/12/2013, 11:33 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 29/12/2013 à 02:01

« En vous prévalant leur autorité » - vous vous reconnaissez aussi une autorité en matière de changement des structures de la langue ?

Pour le reste, votre dernier post montre une fois de plus à tous le peu de sérieux de votre discours...

Je dois avouer que, du fait du tour que prenait l'échange, j'avais tendu un petit piège sur le dernier point. Il est évident que, sans précision, ça peut paraître un peu gros. Mais je ne recule pas devant certains effets faciles pour me moquer des prétentieux. Le clown Achille Zavatta avait fait un truc dans ce genre. Il avait dit à des enfants qu'il allait leur montrer comment on sautait sur un cheval qui tourne autour d'une piste, et évidemment, il se cassait la gueule. Les enfants étaient un peu gênés ou rigolaient. Puis il leur a dit : « Bon, les enfants, je vous ai montré comment il fallait pas s'y prendre. Maintenant, je vais vous montrer comment il faut faire ». Sourire moqueur des enfants. Et bien sûr, il y arrivait. Je préfère Zavatta à Heidegger (le nazi).

29/12/2013, 12:11 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 29/12/2013 à 11:33

J'ai simplement changé un mot et oublié le « de ». Vous le comprendriez si vous ne raisonniez pas en petit instituteur dont je ne suis pas l'élève.

« Pour le reste », je faisais évidemment allusion à Aristote. Et vous n'avez pas compris que c'était une allusion parce que vous supposez que j'ignore Aristote et que vous ne pouvez pas même imaginer que je travaille sur ces questions d'ontologies. Un indice (si vous l'ignorez - parce que ce n'est pas très connu), l'intelligence artificielle qui est le sujet de mon précédent livre, parle d'« ontologies ». Et c'est la base du « web sémantique ».

Bref, vous n'êtes pas l'éducateur du genre humain (autre allusion) et comme je le disais, vous vous prévalez d'une autorité, en citant des auteurs connus, derrière lesquels vous vous abritez. Un des défauts (nombreux) des profs de philo est cette sorte de name dropping, pour impressionner les gogos. Cette autorité (outre le fait de traiter les gens comme des élèves) vous ne l'avez pas sur moi, parce que je suis un auteur qui parle pour lui-même sans demander aucune permission à aucun parti ou à aucune académie. Ce qui veut aussi dire que je reste fidèle à ma jeunesse où je disais « je suis anarchiste, et je t'emmerde ». Et ça me procure une grande satisfaction intellectuelle.


29/12/2013, 14:42 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 29/12/2013 à 12:11

Apparemment un petit traumatisme mal digéré de la terminale et de manière générale un bon ressentiment bien ancré... ; on a les satisfactions intellectuelles qu'on peut, à défaut de faire un vrai travail intellectuel... ; et vous en profitez pour faire encore votre pub ! Je ne doute pas qu'avec toute cette pub tartinée sur tous vos posts la diffusion de votre "pensée" va être multipliée par 0,000000000000001, c'est toujours mieux que rien ceci dit...

Tiens ! Il n'y a pas que moi qui « ne lis pas (ou ne cite pas) l'intégralité des réponses. » Apparemment, les ontologies du Web sémantique n'intéressent pas Cazier qui en est resté à Aristote. C'est Schopenhauer qui donne les recettes de L'Art d'avoir toujours raison en s'attaquant à la personne (stratagème 37).

NB. J'ai été viré du lycée en première et j'ai passé le bac en candidat libre (14 en philo).

29/12/2013, 23:26 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 29/12/2013 à 14:42

En fait, votre comportement ma rappelé une blague (qui était peut-être une histoire vraie, d'ailleurs) : avant-guerre, un député a parlé petit nègre à un député noir des colonies qui lui a répondu : « Mon cher collègue, vous pouvez me parler normalement, je suis agrégé de grammaire, comme vous ! »

Bref, il n'y a pas que vous qui avez fait des études. Mais moi, je comprenais ce que je lisais. Sur le ressentiment, vous pouvez lire ce que j'ai écrit sur Scheler (ou sur la blague que constitue le texte de Renan). Ca correspond bien au pré-nazisme romantique dont je parlais, et qui semble vous obséder. J'avais également parlé de « Néo-maurrassisme par incompétence » dans un autre article.

NB. Je n'ai même pas pris la peine de vous corriger sur la banalité qu'un fait démontre bien quelque chose, en l'occurrence qu'une proposition est fausse (un seul cygne noir démontre que tous les cygnes ne sont pas blancs), puisque vous pouvez toujours trouver des épicycles en niant l'existence de mon travail, et plus généralement de ma personne. Mauvaise habitude essentialiste décidément révélatrice de l'incompétence intellectuelle néo-pétainiste qui règne actuellement. Il m'arriverait presque d'être surpris par les sommets que ça atteint si je ne me faisais encore des illusions sur les intellectuels français.

Le « Néo-maurrassisme par incompétence » partait d'une réponse à un commentaire sur Médiapart (toujours la méthode empirique) qui disait : « ...Bref, il me semble un peu abusif de vouloir évacuer du fait culturel d'un peuple, toute la sphère magico-religieuse qui précisément offre une vision particulière du monde, puisque liée à une origine particulière » (ce qui est en plein dans le sujet). La personne contestait que je lui réponde par « Maurras pas mort ». Ce qui est aussi en plein dans le sujet (de ne pas admettre qu'il s'agit de romantisme pré-nazi).

30/12/2013, 01:51 | Par Jean-Philippe Cazier en réponse au commentaire de Jacques Bolo le 29/12/2013 à 23:26

« Je n'ai même pas pris la peine de vous corriger sur la banalité qu'un fait démontre bien quelque chose, en l'occurrence qu'une proposition est fausse » - ben non, un fait montre la fausseté d'une proposition, il ne la démontre pas, vous ne maîtrisez même pas le vocabulaire de base, ça m'étonne de moins en moins que vous racontiez de bout en bout n'importe quoi depuis le début, que vous mélangiez tout en étant incapable de faire la moindre distinction conceptuelle, etc. ; à part voir des nazis partout, je me demande bien ce qu'il peut y avoir dans vos textes (ce qui ne veut pas dire que j'ai envie de les lire, hein, faut pas pousser)...

Sur ce je vais arrêter de répondre à vos commentaires idiots, j'ai des trucs plus intéressants à lire (ce qui n'est pas bien difficile...)

Excellente méthode de travail de Cazier : « je me demande bien ce qu'il peut y avoir dans vos textes (ce qui ne veut pas dire que j'ai envie de les lire, hein, faut pas pousser) ». Nota : ce comportement signifie simplement, dans le monde d'avant, une mise à l'index de l'insolent. Mais depuis Internet, les esprits libres peuvent aller voir par eux-mêmes. Ce qu'il y a dans mes textes, c'est par exemple la mise en évidence d'un « Néo-maurrassisme par incompétence », mentionné ci-dessus.

30/12/2013, 11:39 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Jean-Philippe Cazier le 30/12/2013 à 01:51

Vous croyez être un professeur, vous êtes un instituteur tatillon (et vous croyez que c'est ça le travail intellectuel).

Et je ne vois pas des nazis partout, je dis que les nazis sont issus de la philosophie romantique, et qu'il y a un renouveau du pétainisme identitaire, spécialement concernant l'identité juive non religieuse. Ce qui était la question initiale dont vous vous sortez en faisant des attaques personnelles (méthode gauchiste habituelle - ou prof dépassé, mais c'est un peu la même chose).


Voilà. Je suis quand même un peu surpris du discours caricatural de Cazier, même s'il est fréquent sur Médiapart. Je dois avouer que je ne me croyais pas si génial que je puisse produire tous mes articles sans aucun travail intellectuel, comme ça, les deux doigts dans le nez, en équilibre sur un fil. Je dois être la réalisation du pur génie du romantisme allemand. Danke sehr ! Mais, quoique l'idée d'un Achille Zavatta de la philosophie me plaise bien, il ne faudrait pas que le jeune public croie qu'on y arrive sans travail. J'ai des facilités, mais quand même...

Je considère, comme indiqué, que le comportement de ce mec correspond à un biais d'instituteur qui se prend pour un professeur et qui est incapable de considérer que ses interlocuteurs ont autant, plus, ou simplement d'autres connaissances que lui. Ce pluralisme me paraît être la base correcte d'une sociologie de la connaissance (ma spécialité). On peut voir dans cette erreur de méthode la cause de la « pensée Finkielkraut » qui confond un peu trop l'institution scolaire avec la réalité globale. En particulier, l'existence d'Internet aujourd'hui, et celle des médias depuis une bonne cinquantaine d'années, ont aboli le monopole de l'école sur la transmission du savoir.

Sur l'existence d'une conception identitaire romantique, je doute que Cazier remettrait en question Zeev Sternhell. Le problème se pose quand un inconnu ose discuter d'égal à égal au lieu de poser simplement des questions qui permettent au conférencier de pérorer. Comme pour les magiciens, le truc consiste à placer des comparses dans la salle.

Cette pratique constatée chez Cazier et Finkielkraut consiste à s'abriter exclusivement derrière des autorités et des définitions canoniques sans possibilité de les remettre en question ou simplement d'en modifier la formulation. C'est pourtant la base de l'appropriation individuelle qu'est censé permettre l'enseignement. Pour le modèle scolaire, le but final est de réciter sa leçon. Et certains maîtrisent effectivement bien cette compétence tout à fait respectable.

Le fait qu'il est nécessaire de simplement acquérir des connaissances à tous les niveaux peut masquer le processus d'appropriation qui permet de les dépasser. Le biais du milieu académique ne favorise pas l'originalité et provoque une tendance naturelle à la sclérose. Les cas les plus graves, comme celui de Cazier, peuvent s'interpréter en termes de principe de Peter selon lequel on monte dans la hiérarchie jusqu'à atteindre un seuil d'incompétence. C'est le biais des systèmes bureaucratiques : la promotion de trop qui provoque ce comportement de petit chef.

C'est ce genre d'erreurs que j'ai étudié dans mon livre sur Finkielkraut. En fait, depuis toujours, les textes disponibles manifestent simplement ce que les gens sont capables de produire à un moment de leur histoire. C'est un fait social qui doit être enregistré comme tel. C'est un peu gênant de sembler attaquer une personne, mais c'est forcément la conséquence du principe de Peter de concerner des gens au sommet de la pyramide. Mais je soupçonne quand même un peu Cazier de s'opposer à ce que je dis tout simplement parce qu'il n'est pas d'accord avec moi sur la question de l'identité culturelle, malgré sa référence à l'histoire chez Butler. Cette position de style Finkielkraut me paraît recouvrir assez l'état de l'idéologie ambiante. Mais elle est fausse pour les raisons que j'ai données dans mon livre.

L'identité culturelle est celle qui unirait les juifs croyants et athées. Au contraire, la question serait plutôt celle de la neutralité (laïcité) des sciences humaines qui unirait les athées juifs ou non-juifs par opposition aux croyants. Sur les questions générales, les juifs produisent une pensée non-juive malgré leur histoire personnelle. Il est possible que la confusion actuelle provienne d'un retour à la religion, qui semble avoir lieu dans un contexte identitaire plutôt que dans une perspective de « sciences religieuses ». Un exemple d'interprétation biaisée pourrait consister à dire que Freud utilise une référence culturelle juive avec Moïse et le monothéisme. Mais, outre que cette référence est commune aux chrétiens, il utilise aussi celle d'Oedipe qui est païenne, ou pourrait s'inspirer de la confession chrétienne. Et son travail peut être autant issu de Charcot que de son éducation juive éventuelle. On observe cette problématique, avec ses limites, dans le livre d'Edgar Morin, Le Monde moderne et la question juive.

Il me paraît possible de poser le problème en ces termes de neutralité (positivisme classique). Ce qui veut aussi dire que j'ose évidemment porter la contradiction à Butler si elle se rattache à la tradition que j'appelle romantique. Pré-nazi signifie bien qu'elle n'a pas donné encore le nazisme, ce n'est pas une insulte, c'est une référence à un fait historique. J'ai montré dans l'article sur le maurrassisme qu'elle est inconsciente et qu'elle n'est pas assumée quand on la caractérise pour ce quelle est. Ce que j'appelle de l'incompétence.

Il n'est pas question de se laisser intimider. On n'est pas là pour se faire des politesses. La science consiste à appeler un chat un chat. Le problème actuel des sciences de l'homme réside précisément dans cette incapacité à permettre des débats clairs et authentiques qui sont le fondement de la production de connaissances. Depuis une trentaine d'années, à la suite de l'adoption du modèle « publish or perish » de concurrence quantitative des publications, les universitaires se sont enfermés dans le fameux « jugement des pairs », qui relève le plus souvent du copinage (ou des révérences à l'ancienne), en se coupant de la société. Cette faillite académique réside dans la complicité des universitaires avec les imposteurs qu'ils n'osent pas contredire (le processus même de non-confrontation constitue une imposture scientifique). Il est probable qu'Internet et l'internationalisation sont en train de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Mais ce n'est pas encore gagné !

Jacques Bolo

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