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Femmes / Conneries - Avril 2012

Journée du politiquement correct

Résumé

Quand on parle de « politiquement correct », on peut écouter « Les matins », de France culture, spécialement pour la journée de la femme. On s'aperçoit qu'au fond, c'est simplement une question de capacité intellectuelle.

Bon, on y a droit tous les ans, le 8 mars. La Journée de la femme (ou Journée internationale des droits des femmes) a donné l'occasion de répéter la rengaine des inégalités salariales de 25 % entre les hommes et les femmes. J'en ai déjà parlé pour y dénoncer une mystification. Il s'agit de moyennes globales. On sait qu'à travail égal, ces inégalités n'existent pas pour les employés de la fonction publique ou leur équivalent des grandes entreprises privées ; les inégalités sont moins fortes pour les femmes jeunes parce que les anciennes inégalités disparaissent progressivement. Certaines sont dues à une moindre ancienneté du fait des interruptions de carrière. Les fortes inégalités salariales concernent simplement le phénomène du temps partiel (à temps de travail inégal donc). Les seules vraies différences à travail égal concernent les femmes cadres ou célèbres...

France (in)culture

Les animateurs de l'émission « Les matins », de France culture, ont donc reproduit cette mystification. Concrètement, on en vient à avoir du mal à imaginer qu'un invité ose dire le contraire. Les invitées étaient pourtant compétentes, mais la présentation se débrouille toujours pour tourner les données de façon à reproduire la rengaine militante qui semble être un complot pour sélectionner les conformistes. Basse politique.

Étaient présentes : Marie Cervetti (Directrice du centre d'hébergement et de réinsertion « Une femme, un toit ») Hélène Périvier (Économiste senior au département des études de l'Observatoire français des conjonctures économiques et coresponsable du Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnre, « PRESAGE ».à l’OFCE), Nathalie Bajos (Directrice de recherche à l'Inserm, équipe « Genre, santé sexuelle et reproductive », INSERM-CESP 10189, Le Kremlin-Bicêtre).

Notons que le terme « genre » s'est généralisé, il y a peu, comme le terme « cognitif », auparavant. À la fin des années 1970, j'avais prononcé le mot « cognitif » en cours d'épistémologie, à Montpellier (je m'intéressais à Piaget chez qui ce terme est fréquent), et le professeur m'avait demandé des précisions. Il est aujourd'hui mis à toutes les sauces. On suppose que le terme « genre » est devenu la règle aujourd'hui pour décrocher de budgets dans le monde académique, officiel ou associatif. Ou c'est un jeu qui consiste à le placer un maximum de fois. Je plains les étudiants qui doivent se plier à ce rituel. Observons que cela signifie simplement qu'on utilise la variable « sexe » des études sociologiques classiques.

L'émission a commencé en disant, comme son titre du jour le prétendait, que les femmes étaient plus touchées par la crise, alors que la différence des taux de chômage masculin/féminin est quasi inexistante, et parfois inversée ! Le débat évoque des métiers féminins précaires, « qu'on ne propose qu'à des femmes », alors que, justement, on ne les propose même pas aux hommes ! Ce discours relève d'une rhétorique politique, coutumière de ce « genre » d'entourloupes.

Bizarrement, Marc Voinchet prend les chiffres anglais, favorables à cette thèse, et délégitime les chiffres français qui disent le contraire : « (En France), le chômage progresse chez les hommes mais baisse chez les femmes, mais attention disent les analystes, ces chiffres sont trompeurs ». Les chiffres anglais ne le sont donc pas ? Alors qu'on lui dit qu'en France, les métiers masculins (ouvriers) ont d'abord été touchés, puis les emplois féminins (employés), ce qui est donc certainement aussi le cas au Royaume uni, Voinchet dira « qu'on ne prend pas en compte la spécificité des femmes ». Ce discours genré commence par ne pas déranger, mais la saturation sera atteinte assez rapidement, même chez les invitées ! Ce type de « rhétorique politique » s'adresse à des électrices, mais on voit qu'il rejoint la théorie du complot que cette émission a pourtant l'habitude de réprouver. C'est aussi un problème « cognitif ».

En l'occurrence, d'ailleurs, ce qui s'est sans doute passé pour le chômage n'est pas qu'on a licencié des femmes, ce qui s'est produit pour les hommes, comme une invitée le mentionne, mais qu'on n'a pas remplacé les départs à la retraite des employé(e)s de l'administration (ce qui touche donc les jeunes femmes dont une autre des invitées s'occupe). Cela peut expliquer que le chômage des femmes a augmenté plus lentement en France, et plus brutalement chez nos voisins britanniques dont on connaît les pratiques drastiques. Voinchet parlera alors de « double peine ». On suppose qu'il veut dire que les femmes, qui n'avaient donc pas subi le chômage dans un premier temps, devraient être plus protégées que les hommes dans le second ? C'est quand même un problème cognitif à signaler aussi.

La solution aurait pu être le partage du travail (tous sexes confondus), comme je l'ai envisagé dans un article « Le retour des 35 heures », et comme la droite elle-même commence à l'envisager sur le modèle allemand (voir : « Copé pour les 35 heures ! »). Mais cette méthode a été plombée pendant des années par la gauche qui raisonne en terme de « réduction du temps de travail » en référence rituelle à 1936. Problème cognitif du symbolique.

Il ne fait aucun doute qu'il existe encore des métiers d'hommes et des métiers de femmes, mais peut-on parler ici de « division sexuelle du travail » ? La notion anthropologique n'a pas le même sens. Il me semble plutôt qu'on revient ici à la critique marxiste de la « division du travail », à laquelle on ajoute « sexuelle ». Il vaudrait mieux connaître le fonctionnement réel du marché du travail. Les métiers masculins sont mieux payés parce que, quand les places sont chères, on défend ses privilèges et on ne partage pas. Les nouveaux venus (pauvres, immigrés) et nouvelles venues (femmes en général) se contentent des restes ou des seuls secteurs en forte expansion. C'était l'administration jusqu'à une période récente.

Il faudrait être capable d'enregistrer ces informations. La modernité s'est précisément caractérisée par la nécessité d'absorber l'augmentation de l'emploi féminin salarié. Car il est bien évident que les femmes ont toujours travaillé, dans le cadre du travail domestique. Ce travail était tout aussi nécessaire anthropologiquement qu'économiquement. Mais il n'était pas « marchand », c'est-à-dire quantifié. Ici aussi, l'idéologie de gauche ne favorise pas la compréhension du passage à l'économie marchande dans la mesure où elle s'y oppose.

Clichés récurrents

À plusieurs reprises, Voinchet tentera de dire que les femmes sont meilleures gestionnaires que les hommes. Joue-t-il au con, en se faisant l'avocat du diable ? Il finira par être démenti par les intervenantes qui semblent manifester un certain agacement. Elles considèrent que c'est lié au rôle social des femmes et non à leur nature. Il est bien qu'elles aient constaté que c'est valable dans les deux sens. La conquête de la réflexivité est un stade cognitif piagétien.

Dans ce principe du cliché, sur un ton militant très caractéristique, une co-animatrice de l'émission, Agnès Bénassy-Quéré se demandera pourquoi les femmes n'ont pas bénéficié de l'extension du secteur des services. Pour une fois, l'invitée Hélène Périvié la démentira explicitement, même si elle insiste ensuite sur la spécialisation sexuelle du marché de l'emploi. Voinchet en rajoutera une louche en revenant sur la différence des salaires, comme pour conjurer le démenti des clichés ! S'il joue, il joue beaucoup trop bien !

La réponse selon laquelle les écarts de salaires reposent pour un tiers sur le temps partiel et pour un tiers sur les différences d'emploi, n'ira donc pas jusqu'à dire clairement qu'il n'existe pas d'écart à travail égal. Elle se polarisera sur le dernier tiers, aux causes indéterminées, « selon les économètres », que Voinchet considérera donc comme preuve de l'inégalité (dans Astérix le Gaulois, le chef romain qui voulait forcer le druide à lui préparer la potion magique, finit par soulever un petit rocher en se croyant le maître du monde). Voinchetus ne sera pas strictement démenti. Politesse/politique/confusion mentale...

En ce qui me concerne, j'avais envisagé que le quart résiduel concernait les cadres. Le montant élevé de leurs salaires peut même exagérer les écarts globaux. Comme je doutais que les cadres masculins partagent à égalité la masse salariale des échelons supérieurs avec leurs collègues féminines, j'ai souligné qu'il est difficile de demander d'amputer le salaire des employé(e)s de niveau inférieur. Mais les « symbolistes » veulent peut-être cette égalité interne à chaque caste au risque d'une inégalité sociale accrue. Attention, je ne demande pas aux femmes cadres d'être solidaires avec les femmes (et les hommes) pauvres. Elles ont parfaitement le droit d'être aussi égoïstes que leurs collègues masculins. Mais je considère qu'elles n'ont pas à demander aux échelons inférieurs (femmes et hommes) d'être solidaires avec elles en jouant sur le principe de l'égalité des sexes au détriment de l'égalité sociale. Si c'est chacun pour soi, c'est chacun pour soi. C'est pourtant ce processus intellectuel qui a lieu. Bon, si ça marche, c'est aussi le jeu...

Brice Couturier incorrect, mais politique

Car on a atteint le comble du ridicule avec la chronique de Brice Couturier. On s'attendait au pire. Et on n'a pas été déçu..., si l'on peut dire, puisqu'il nous l'a jouée à contre-emploi. Outre l'erreur classique de reproduire (brièvement) l'erreur des inégalités « à travail égal », il s'est concentré exclusivement sur l'idée qu'il était « politiquement correct » (style « je me comprends ») de ne pas parler du livre La moitié du ciel, à propos des éliminations de bébés féminins en Chine, Inde, Pakistan, ainsi que des meurtres de femmes par crime d'honneur, ou comme substitut à la répudiation.

Il prend un peu hâtivement comme preuve le déficit démographique féminin global dans ces pays : Chine (107 hommes pour 100 femmes), Inde (108), Pakistan (111). En effet, les femmes pauvres doivent mourir plus souvent en couche du fait des naissances multiples en Inde et au Pakistan, contrairement à la Chine du fait de la politique de l'enfant unique (les écarts y sont d'autant plus significatifs). Dans le passé, l'équilibre démographique des sexes n'était pas le même en Europe non plus. Il faut savoir aussi qu'il naît plus de garçons que de filles, et que c'est la longévité supérieure des femmes (dans les pays développés) qui fait que la proportion s'inverse.
De plus, dire que la différence démographique s'élève à 108 hommes pour 100 femmes en Inde peut induire à surestimer l'écart, qui n'est pas de 8 %. Car 108/208 = 51,9 % et 100/208 = 48,1 %, soit 1,9 % d'écart par rapport à la moyenne (et non 3,8 % entre les deux chiffres, autre erreur qu'on fait aussi pour les élections présidentielles). Ce qui divise la différence présentée par quatre (ou même par deux avec l'erreur habituelle) !

D'ailleurs, Brice Couturier avouera qu'il devait parler lui-même du livre dans une autre émission et avait préféré parler d'autre chose (qui devait être très important) ! Mais pourquoi se gêner ? Il utilisera donc cette victimisation réelle pour nous proposer des généralités « politiquement incorrectes » sur le mode « choc des civilisations » et anti-relativiste (anti-bobos) : « Non, toutes les traditions ne sont pas également respectables ». C'est l'inconvénient du refus d'un « évolutionnisme mesuré ». On pourrait quand même simplement parler de retard, car certaines situations (dont les meurtres d'honneur en cas d'adultère) étaient fréquentes en Europe, il y a vraiment peu de temps (on peut aussi se rappeler le film de Pietro Germi Divorce à l'Italienne, 1961).

On ne va pas croire non plus que le progrès social se diffuse instantanément et uniformément. Ce n'est d'ailleurs pas le cas en France même. Une invitée donnera les chiffres français des violences faites aux femmes (150 décès annuels), pour une civilisation qui obéit, elle, à des « principes universels ». Il faut noter que les 4 380 meurtres d'épouses par leur mari en Inde correspondent à un pays d'1,210 milliard d'habitants, soit 20 fois plus que la France. Ce qui nous donne donc 4 380 / 20 = 219 meurtres à population égale. On constate qu'il existe bien un écart de civilisation (mais de 46 % au lieu de 2820 %).

Même par comparaison aux Indiens, tous les Français ne sont justement pas des bobos relativistes, considérés comme modernes sur ces sujets, et qu'on attaque au nom des valeurs traditionnelles occidentales,... qui étaient donc les mêmes que les autres ! Confusion totale d'un discours trop marqué par le clash de sous-entendus idéologiques. Ce que voulait sans doute dire Couturier c'est : « aucune tradition n'est respectable » (par définition, la modernité n'est pas traditionnelle et l'universel est... universel). Le véritable choc des civilisations est celui de l'assimilation de la modernité par des consciences trop archaïques, dont certaines ont le tort de se croire modernes... par héritage culturel ! Ben, non ! J'ai montré à propos du livre de Lévi-Strauss que ce n'est pas comme ça que ça marche. La modernité repose justement sur un travail personnel assumé comme tel... et souvent un peu cafouilleux chez les bobos (comme ceux décrits par les BD de Claire Brétécher). Work in progress.

La solution que présente Couturier sera évidemment l'éducation des filles, facteur de développement. On est bien d'accord ! Mais il faudrait étudier un peu mieux la question avant de propager des clichés. Ces phénomènes d'élimination des femmes semblent s'être amplifiés (à moins qu'on ne les connaisse simplement mieux qu'auparavant), du fait des nouveaux moyens médicaux de sélection des enfants à la naissance. La modernisation peut aussi provoquer le fondamentalisme par l'éducation des garçons, et le phénomène général du chômage des diplômés peut inciter les intellectuels à la surenchère intégriste. L'inconvénient de la modernisation rapide des pays sous-développés est qu'ils bénéficient d'emblée d'une productivité que l'Occident a mis longtemps à obtenir. Elle provoque de moindres besoins en main-d'oeuvre pour le même développement et la mobilité du capital permet éventuellement des délocalisations rapides. En quelque sorte, ils connaissent la diminution des services publics sans en avoir eu l'augmentation sur cinquante ans. D'où un effet sur l'emploi féminin, et sur la critique de la modernité (sans doute contre les bobos locaux). L'erreur serait de concevoir leur situation en terme d'« évolutionnisme identique ». Un peu de relativisme est nécessaire.

Par contre, quand on connaît un peu la question, et qu'on ne joue pas sur les clichés, on peut aussi mentionner un autre facteur. Les budgets de l'Unesco ont été coupés par les Américains, au moment de la présidence Reagan, et depuis. La principale raison était le refus de financer des programmes d'avortement et de contraception (ou d'enseignement du darwinisme). Ce sont bien les femmes qui en ont été les « premières victimes » ! Comme le dit Couturier : « Les droits de l’homme et la dignité des femmes ne sont pas des marottes d’Occidental, mais des principes universels. Et il faut se battre, ici et sur place, pour les faire respecter. » Comment compte-t-il agir dans ces pays où sa chronique n'est même pas diffusée. Si l'on considère l'espérance de vie dans l'ancien Tiers-monde, la majorité des personnes vivantes actuellement est donc concernée par les coupes qui ont eu lieu dans les programmes des Nations unies. Les primaires républicaines pour la présidentielle américaine 2012 montrent la persistance de la radicalisation des candidats traditionalistes sur ces thèmes anti-féministes :

« Comme l'a dit le milliardaire Foster Friess, qui finance la campagne du catholique intégriste Rick Santorum, 'quand j'étais jeune, les filles utilisaient un comprimé d'aspirine comme contraceptif. Elles se le mettaient entre les jambes, ça ne coûtait pas cher'. C'était le bon temps. Les filles gardaient les cuisses serrées, et ça ne ruinait pas l'assurance santé... » (Le Monde, 8 mars 2012, Lettre des États-Unis : « La revanche des 'salopes' »).

On parle bien de civilisations. Comparatisme/Relativisme... On voit ici qu'aucun traditionalisme n'est plus respectable qu'un autre. Outre ce genre de conneries, notre civilisation a bien produit le nazisme, comme dirait le député de Martinique, Serge Letchimy. Ce qui est bien pertinent dans la mesure où le nazisme est une réaction à la modernité, égalitariste en particulier, qui se manifestait tout particulièrement par une grande confusion mentale chez les élites. Celle d'aujourd'hui est tout autant constatée.

Envoi (paître)

Brice Couturier ne devrait pas parler de « politiquement correct » quand il fait de la lèche, au lieu de contredire les invitées, comme il en a l'habitude. Il aurait pu dire ce que je dis ici s'il n'était pas aussi faux cul. En l'occurrence, il aurait plutôt contredit son boss que les invitées, qui essayaient assez souvent de rectifier les clichés, mais pas assez fermement (j'ai souvenir d'un spécialiste de nutrition qui hésitait à contredire une boulangère dans une ancienne émission télé de Valérie Expert). Personnellement, j'incrimine la politesse (genrée dans ce cas), qu'on peut aussi appeler « politiquement correct », si on veut – s'il ne s'agissait pas habituellement d'une façon polie de justifier le racisme (ou le sexisme, mais on voit qu'on ne s'y risque pas ici). Je dois avouer que j'ai été déçu par Couturier. Je le surestimais et je suis obligé d'en conclure qu'il prostitue sa grande érudition au seul rôle d'atlantiste de service. « Service, servile ». Bon, faut bien bouffer...

Ou bien, contrairement à Philippe Meyer, (voir « Le pape, le préservatif, et Philippe Meyer », note 4) il doit être célibataire, et ne pas vouloir griller ses plans drague, à moins que bobonne soit féministe hard. Bref, avec Brice Couturier, sur France culture, c'est « La journée de la pute... » tous les jours (à 8h10, sauf le week-end).

Ça va, là ? Je suis pas trop politiquement correct..., ou incorrect ? On sait plus ce qu'il faut être...

Putain ! C'est pas possible d'analyser correctement les données, surtout quand on les possède toutes ? Merde !

Ce doit être une question de niveau cognitif...

Jacques Bolo

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