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Politique - Mai 2011

Tiens, Ben Laden est mort !

Sans être forcément un adepte de la théorie du complot, j'ai déjà eu l'occasion de mentionner le fait que je croyais que Ben Laden était mort depuis longtemps. En effet, comme je le disais : « on nous repasse sans arrêt de vieilles vidéos et de mauvaises bandes audio. Les Arabes, le Mossad, la CIA ou les médias du monde entier ne peuvent-ils pas se cotiser pour lui offrir une caméra numérique ». Le complot qui aurait consisté à entretenir la légende aurait relevé du simple bidonnage. Il faut bien que tout le monde s'amuse.

En le liquidant et en faisant disparaître le corps en mer, l'administration Obama n'a pas démontré que je me trompais. Certains croient d'ailleurs qu'il est encore vivant. Mais il serait encore plus amusant qu'Obama se soit dit, si Ben Laden était déjà mort, qu'on lui reprocherait éternellement son impuissance. Il a donc pu monter le coup, prétendre s'être débarrassé du corps, et en retirer tout le crédit. Cerise sur le gâteau, les républicains sont obligés d'applaudir à ce grand succès militaire. Et ça, c'est tellement drôle, que ça mérite presque d'être vrai.

Jacques Bolo

Politique - Mai 2011

Hollande, candidat zombie

François Hollande est candidat aux primaires socialistes pour la présidence de la république 2012. C'est l'histoire d'un mec qui rêve qu'il est en 2007, premier secrétaire du PS, et qu'il est le candidat naturel à la présidentielle. Sa compagne, Ségolène Royal, l'a grillé sur la ligne de départ. Il dormait alors, il rêve encore.

Ou simplement, il voulait maigrir avant de se présenter. Ça lui a pris cinq ans. Il devrait vendre sa méthode. Il pourrait financer sa campagne.

Ses prestations en tant que Premier secrétaire du Parti socialiste avaient un peu tendance à relever de l'imitation des attitudes de François Mitterrand à la tribune. Comme il faisait souvent des blagues, j'avais l'impression qu'il faisait un numéro d'imitateur.

La véritable question était de savoir pourquoi il avait été élu à ce poste. Les socialistes se disaient-ils qu'il faudrait reproduire les mêmes conditions et les mêmes mimiques pour reconquérir le pouvoir ? Ils avaient sans doute oublié qu'il y avait aussi quelque chose comme « le programme commun » avec les communistes et les radicaux de gauche.

Aujourd'hui, chacun veut y aller tout seul. Pourtant, la fois précédente, Jospin, qui avait cru pouvoir y aller seul, et être élu les deux doigts dans le nez, a été éliminé au premier tour. Il va falloir que tout le monde se réveille un peu et fasse de la politique.

Jacques Bolo

Politique - Mai 2011

Aubry joue l'Arlésienne

Martine Aubry, première secrétaire du PS, joue à qui se déclarera la dernière pour les primaires socialistes. Pour le moment, elle a gagné. Elle avait déjà joué à la première secrétaire du PS qui apparaîtrait le moins possible dans les médias. Et elle avait déjà gagné. Elle est très forte. D'ailleurs, comme elle a la réputation d'être énervante, elle s'est sans doute dite qu'elle devait apparaître le plus tard possible. Ce qui montre un sens réel de la stratégie et une empathie avec les électeurs. Autant dire que c'est comme si elle était déjà élue. Mais elle doit se méfier. C'est aussi ce que croyait Jospin en 2002.

J'ai déjà eu l'occasion de signaler que j'avais l'impression qu'elle devait son poste de maire de Lille au fait qu'elle était la fille de Delors. Ses compétences personnelles ne sont pas en cause. Mais il me semble que les socialistes ne l'auraient pas plébiscité sans cela. Pire, j'ai même eu l'impression, à l'époque, que son père avait abandonné la course à l'Élysée uniquement pour lui laisser la place, puisque sa carrière à lui était faite et que sa fille avait l'avenir devant elle. On a le sens de la dynastie chez les chrétiens de gauche, et apparemment aussi chez les socialistes. C'est un peu gênant en terme de relance de l'ascenseur social et d'élitisme républicain. On parlerait plutôt de noblesse d'Empire.

La bonne réputation de Martine Aubry me paraît à double tranchant. La tendance est plutôt à la critique de la social-démocratie par la gauche de la gauche de la gauche. Et Martine Aubry est tout aussi social-démocrate ou démocrate-chrétienne que les autres, sinon plus. C'est seulement à ce titre qu'elle peut paraître plus « sociale », mais sans plus de crédibilité que les autres. Sur ce point, son père avait justement prétendu qu'il se retirait parce qu'il n'avait pas le soutien d'une majorité. Ce n'est évidemment pas le cas non plus pour sa fille, même au sein du PS, qui a même éclaté depuis l'époque en question.

Par ailleurs, elle cristallise l'opposition de la droite du fait de son rôle dans la réforme des trente-cinq heures. Les centristes pourraient gober la propagande permanente de la droite et de l'extrême droite à cet égard. J'ai déjà souligné que la gauche elle-même n'était pas très au point sur cette question qu'elle confond avec la réduction du temps de travail (voir « Le retour des 35 heures »). Martine Aubry est surtout responsable de l'échec de l'adhésion à cette réforme, et de son échec pratique, qui a consisté à défendre ceux qui avaient un travail au lieu de le partager. On en voit les conséquences sur la marginalisation des jeunes en Grèce et en Espagne. Ce phénomène est masqué en France du fait qu'il concerne essentiellement les enfants d'immigrés, au soulagement général.

Est-ce que Martine Aubry peut retourner la situation et proposer autre chose que le couronnement (républicain ?) d'un plan de carrière personnel, auquel les autres socialistes adhèrent seulement parce qu'ils en rêvent pour eux-mêmes ou leur progéniture ? Concrètement, et politiquement, il serait plus judicieux pour elle d'apporter son soutien à un autre candidat pour lui donner plus de poids. Mais j'ai déjà mentionné que la proposition de Gabriel Cohn-Bendit, début janvier 2011, de remplacer les primaires internes au PS par des primaires générales pour toute la gauche, aurait été plus intelligente.

Si Martine Aubry mène le PS à la défaite, sa carrière sera définitivement terminée. Un échec à la présidentielle 2012 pourrait aussi tourner définitivement la page du socialisme historique (ou de prolonger son agonie). Comme nous avons vu qu'on le met un peu à toutes les sauces, ça en devient tentant pour les électeurs.

Jacques Bolo

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