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Écologie - Juin 2010

Marée noire : réalpolitik écologique

Juste avant la marée noire provoquée par l'explosion de la plate-forme de BP Deepwater Horizon, le président américain avait déclaré :

« Les plates-formes, aujourd'hui, ne causent généralement plus de marée noire, avait-il assuré. La technologie est très avancée. » (Le Monde, 29 mai 2010).

Le président Obama jouit d'une réputation d'intellectuel parce qu'il adopte un ton moins populiste que son prédécesseur, George Bush Jr. Mais il dépend tout autant des mêmes lobbies et des mêmes contraintes de défendre le mode de vie américain, souvent au détriment de toute autre considération. Ce qui s'appelle « défendre nos intérêts nationaux » dans la réalpolitik d'aujourd'hui qui joue au petit machiavel contre les droit-de-l'hommistes bobos écolos. Ce qui peut se résumer à la campagne lancée par la droite américaine contre Obama sur le thème « Drill, baby, drill ! » (« Forons, et forons encore ! »).

La réalité vient de se rappeler au bon souvenir des politiciens. Obama a fait amende honorable : « Là où j'ai eu tort, cela a été de croire que les compagnies pétrolières savaient ce qu'elles faisaient en matière de scénario du pire » (idem). Obama n'est décidément pas si intelligent que ça, ni que les Américains le croient. Il devrait surtout virer ceux qui lui ont donné ce genre d'informations et réformer tout le système qui les a produites.

Mais le problème est surtout que le gouvernement n'est pas responsable de la marée noire dans le système américain, même si le président se croit obligé d'endosser cette responsabilité pour ne pas qu'on dise qu'il se défausse. Les Américains ont un problème avec cette question. Les Noirs (et donc le président Obama) sont notoirement accusés de fuir leurs responsabilités (les Blancs estiment sans doute que le racisme est la faute de ceux qui le subissent). Dans cette affaire, il est évident que la droite américaine cherche à accuser un gouvernement qu'elle refuse constamment de voir s'immiscer dans la vie économique. Apparemment, il semble que ce délire rencontre un certain succès dans les médias.

Sur ce point, on peut donc être d'accord avec la droite américaine : quand est-ce que les Américains vont commencer à prendre leurs responsabilités au lieu d'accuser le gouvernement ?

Jacques Bolo

Humour / Social - Juin 2010

Retraites : La solution

Le conseil constitutionnel vient de censurer les inégalités de traitement dans la fameuse question des retraites des militaires des anciennes colonies françaises qui avaient été bloquées, « cristallisées », en 1981. Dans un autre article, j'avais parlé de « modèle antillais » pour affronter le « modèle social de la modernité quand les distinctions sociales ne sont plus visibles ». Comment vivre au stade Dubaï du capitalisme ?

Le conseil constitutionnel a tort. Comme nous sommes en pleine négociation sur les retraites et que l'accord avec les syndicats tarde un peu, que les déficits qui s'annoncent menacent de mettre en péril les équilibres financiers, nous avons là la solution. Il suffit de cristalliser les pensions au niveau de 1981. La gauche, qui avait voté cette mesure sociale responsable envers « nos amis » des anciennes colonies, ne peut pas s'y opposer. Et les retraités actuels et futurs, qui l'avaient acceptée de bon coeur (pour ne pas voir diminuer leur propre pension), ne peuvent pas s'y opposer non plus.

Jacques Bolo

Conneries / Société - Juin 2010

Fillon soutien le racisme et combat le sexisme

François Fillon, premier ministre de la France, a réaffirmé son soutien, son amitié et sa confiance (Le monde, 4 juin 2010) à Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, condamné pour des propos racistes à l'occasion d'une rencontre foireuse avec un militant UMP d'origine arabe à l'université d'été de l'UMP de septembre 2009, où le ministre avait déclaré : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ». Le ministre de l'Intérieur a fait appel. Rappelons qu'en décembre 2009, l'Union des Patrons Juifs de France (UPJF) a décoré Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, pour son action contre le racisme.

Le 7 mai précédent, à l'occasion des Etats généraux de la femme du magazine Elle, Fillon s'était déclaré « favorable à un renforcement très dur des pénalités financières pour les partis qui ne respectent pas la parité ». Espérons que l'amende sera plus importante que les 750 euros auxquels Brice Hortefeux a été condamné (plus 2 000 euros de dommages et intérêts au MRAP qui s'était porté partie civile).

On suppose que pour les prochaines élections, le Premier ministre vise davantage le vote des femmes que le vote des immigrés arabes. C'est sans doute à cela que sert la proposition d'interdiction de la burqa.

Contrairement à la doxa actuelle qui le traîne dans la boue, on ne peut qu'approuver BHL qui parlait de « France moisie ».

Jacques Bolo

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