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Références / Économie 25.6.2005

Paul Lafargue : Le droit à la paresse (Résumé)

Paul Lafargue : Le droit à la paresse : La réfutation du Droit au travail, 1880

La bourgeoisie, ayant remplacé la noblesse, s'appuie sur la religion pour réintroduire une morale du travail [1]. Cette norme s'oppose aux idéaux aristocratiques antiques où le loisir était l'ambition du citoyen libre et elle contamine la classe ouvrière. Cette idéalisation du travail provoque un asservissement des peuples en justifiant une industrialisation sans limite. Les journées de travail atteignent douze à quinze heures (alors que les bagnards ne travaillaient que 10 et les esclaves 9 heures en moyenne), et pour survivre, les femmes et les enfants de 6 à 8 ans aussi sont obligés de travailler. Ce qui est une régression par rapport à l'ancien régime et ses 90 jours de fêtes religieuses.

L'accumulation toujours plus grande de capitaux productifs contribue à l'appauvrissement des travailleurs en les obligeant à réclamer eux-mêmes de travailler toujours davantage pour assurer leurs moyens d'existence. La surproduction provoque ensuite une crise qui aggrave cette pauvreté, et l'on est obligé de détruire les surplus ou conquérir de nouveaux marchés, en colonisant par la force les pays pas encore contaminés ! Les productions de mauvaise qualité qui se généralisent constituent elles-mêmes un gaspillage de travail humain et de ressources.

Au lieu de profiter de la productivité, l'ouvrier "redouble d'ardeur comme s'il voulait rivaliser avec la machine". On lui prêche la frugalité alors que les bourgeois ont remplacé les nobles dans la débauche de la surconsommation. Ils emploient pour cela une armée de domestiques, de fabricants de produits de luxe, et de militaires pour mater les révoltes ouvrières et coloniser les pays vierges. Cette armée de parasites vit sur le dos d'une population ouvrière réduite à la misère.

Même certains industriels demandent une réduction du temps de travail de deux heures pour améliorer la productivité et augmenter la consommation populaire, contrairement à ce que croient les ouvriers endoctrinés eux-mêmes. Contre cette morale bourgeoise qui prêche l'abstinence en se privant bien de respecter elle-même ses principes, la machine devrait servir à libérer l'homme de l'esclavage (comme dans le rêve d'Aristote [2]). La production devrait servir à la jouissance de tous en retrouvant les situations heureuses connues du passé ou [déjà] sur le modèle américain orienté vers la consommation.


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Voir aussi :

Notes

1. "M. Thiers, dans le sein de la Commission sur l'instruction primaire de 1849, disait: "Je veux rendre toute puissante l'influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l'homme qu'il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l'homme: "Jouis"." M. Thiers formulait la morale de la classe bourgeoise dont il incarna l'égoïsme féroce et l'intelligence étroite[Retour]

2. Aristote prévoyait que "si chaque outil pouvait exécuter sans sommation, ou bien de lui-même, sa fonction propre, comme les chefs-d'oeuvre de Dédale se mouvaient d'eux-mêmes, ou comme les trépieds de Vulcain se mettaient spontanément à leur travail sacré; si, par exemple, les navettes des tisserands tissaient d'elles-mêmes, le chef d'atelier n'aurait plus besoin d'aides, ni le maître d'esclaves"[Retour]


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